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Neurodiversité : comment la thérapie peut aider ?

Le concept de neurodiversité est né dans les années 1990 grâce à la psychologue et sociologue australienne Judy Singer. Il désigne le fait que les êtres humains présentent des variations naturelles dans leur manière de penser, d’apprendre, de ressentir et de percevoir le monde. On parle aussi de « neuroatypies » ou encore de « neurodivergence ». 

Selon les sources, la neurodiversité englobe principalement :

  • Les Troubles du Spectre Autistique (TSA),
  • Les Troubles Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH),

Certaines y incluent également :

  • les troubles “dys” (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie…),
  • les profils dits Haut Potentiel Intellectuel ou Emotionnel (HPI ou HPE).

Une vision dépathologisante : sortir du prisme du “défaut”

Pendant longtemps, les variations neurologiques ont été interprétées à travers un regard strictement médical : trouble, déficit, anomalie, retard. Ce regard, très normatif, produit des effets importants : perte d’estime de soi, honte, culpabilité, volonté de “se normaliser”, épuisement lié au camouflage (masking), impression d’être “en décalage”.

Le concept récent de neurodiversité propose un changement essentiel : la différence n’est pas un problème en soi, le problème apparaît quand le monde impose un seul modèle de fonctionnement comme étant le “bon”.

Cette approche dépathologisante ne nie pas les difficultés réelles rencontrées par les personnes neurodivergentes. Elle dit simplement que le but de l’accompagnement n’est pas de réparer une personne, mais d’alléger la souffrance résultante d’environnements inadaptés, d’attentes impossibles, de discriminations ou d’un manque de compréhension. 

Cette idée rejoint l’approche féministe et inclusive en psychologie qui vise à replacer le vécu individuel dans son contexte (familial, scolaire, professionnel, social). Elle nous amène à nous questionner sur les normes de productivité/performance et les rapports de pouvoir qui traversent les corps et les identités. 

Pourquoi une thérapie peut-elle être utile ?

Toutes les personnes neurodivergentes n’ont pas besoin d’un suivi psychologique. Certaines s’épanouissent pleinement grâce à un environnement adapté, du soutien social ou une bonne connaissance d’elles-mêmes. Mais pour d’autres, la thérapie peut être un espace précieux pour plusieurs raisons.

1. Se comprendre enfin

Le diagnostic tardif ou l’identification d’un fonctionnement neuroatypique peut bouleverser une vie. Cela peut être vécu comme un « déclic » pour certaines personnes car cela pose des mots sur des années d’incompréhension.  

Une thérapie permet alors de revisiter son histoire sous un nouveau regard, comprendre l’origine de certaines difficultés, mettre des mots sur des mécanismes sensoriels, cognitifs ou émotionnels ou encore sortir de la culpabilité ou de l’auto-dévalorisation.

C’est souvent un immense soulagement pour les personnes concernées qui peuvent se dire enfin : « Ce n’était pas un manque de volonté. Je n’étais pas “trop sensible”. Je n’étais pas paresseux·se. Je n’étais simplement pas construit·e pour le monde tel qu’il est organisé. »

2. Apaiser la souffrance liée au décalage avec la norme

Les personnes neurodivergentes font souvent face à :

  • des attentes sociales contradictoires,
  • un manque de reconnaissance,
  • la pression de se conformer,
  • du burn-out autistique ou TDAH,
  • des experiences de rejet, incompréhension ou harcèlement,
  • une accumulation de micro-agressions (“tu exagères”, “fais un effort”, “tu compliques tout”),
  • des difficultés à naviguer dans des environnements sensoriels éprouvants.

La thérapie offre un espace pour déposer tout cela, comprendre les mécanismes en jeu, revenir à soi et construire des stratégies respectueuses de son fonctionnement.

3. Explorer son identité avec bienveillance

Être neurodivergent·e peut bouleverser l’identité, les relations, les projets, le rapport au travail ou au corps.

Une thérapie peut alors permettre de :

  • reconstruire l’estime de soi,
  • valoriser les forces et les spécificités,
  • trouver des manières de communiquer plus sereines,
  • questionner les injonctions sociales auxquelles on a voulu se conformer,
  • s’autoriser à exister autrement.

4. Repenser son quotidien dans le respect de soi

L’accompagnement peut aider à identifier ses ressources internes et externes afin de modeler un quotidien compatible avec des besoins et spécificités. Il ne s’agit pas “d’apprendre à rentrer dans le moule”, mais au contraire de soutenir chaque personne dans la construction d’un quotidien à son image, vivable et le plus apaisant possible. Cet accompagnement individuel vise à donner des outils et stratégies adaptées à la réalité de chaque personne. 

Conclusion : la neurodiversité n’est pas une anomalie, c’est une richesse

Penser la neurodiversité, c’est sortir d’un regard déficitaire pour entrer dans une vision plus vaste et plus nuancée de l’humain. C’est reconnaître les injustices structurelles qui pèsent sur les personnes neurodivergentes. C’est aussi ouvrir un espace d’émancipation : celui où l’on cesse de se battre contre soi-même et où l’on commence à se comprendre.

La thérapie peut être l’un de ces espaces. Un lieu pour se raconter autrement, pour respirer, pour déplier ce qui fait souffrance et renforcer ce qui fait ressource. Un lieu où la différence n’est plus un défaut, mais une manière singulière d’être vivant·e.

Vous souhaitez être accompagné·e sur ces questions ?

Si vous souhaitez en savoir + sur ce sujet, je vous recommande :

Le podcast « Les neurodivertissantes » présenté par Mélissa, Solène et Fram. https://baladoquebec.ca/les-neurodivertissantes

Le livre « La neurodiversité » de Kevin Rebecchi, ed. L’harmattan, 2022.

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